Les évaluations nationales se sont généralisées à tous les niveaux du CP au CM2 depuis la rentrée 2024. A quoi servent-elles ? A évaluer les élèves ? Les enseignant.es ? Le système éducatif ?
Outre la masse de travail supplémentaire que ces évaluations induisent, SUD éducation dénonce l’utilisation de ces évaluations.
D’après le retour de nos collègues, nous constatons :
- Une atteinte au principe de liberté pédagogique, garanti par le Code de l’éducation : le passage de ces évaluations imposées est inutile voire néfaste pour la pratique des enseignant.es dont les évaluations personnelles sont plus fines et plus complètes que celles proposées.
- En évaluation d’école, lors des visites des CPC ou inspecteur.rices, les résultats de ces évaluations nationales servent de point d’appui à la mise au pas des équipes enseignantes.
Par exemple : si certaines compétences ne sont pas à la hauteur des résultats escomptés, l’équipe sera sommée de remettre en question leurs pratiques pédagogiques sur les points concernés.
- L’institution n’hésite pas à mettre en concurrence les établissements afin de mettre la pression sur les équipes enseignantes : lorsque les résultats ne correspondent pas aux attentes, les équipes sont renvoyées de manière culpabilisante à leurs propres responsabilités sans moyens supplémentaires. A l’inverse, si les résultats sont trop « bons », certaines équipes enseignantes se sont vues retirer des moyens alloués.
- Les formations en constellation sont directement conçues en fonction des résultats de ces évaluations. Or ces évaluations ne concernent que le français et les mathématiques et ne correspondent en général pas aux attentes et besoins des collègues, qui devraient être libre de choisir les formations qu’il.elles désirent (inclusion, premiers secours, élèves allophones, observations de classe, pédagogies émancipatrices…).
- Cela conduit à des dérives dans la recherche de bons résultats : certain.es collègues commencent à bachoter l’examen pour obtenir de meilleurs résultats, voire faussent les données en ne prenant pas compte certain.es élèves (allophones, notifiés MDPH, etc.).
En conséquence, SUD éducation :
- Revendique l’arrêt des évaluations nationales
- Soutient tou.tes les collègues qui ne feront pas passer ces évaluations.
- Exige que le recteur s’engage à n’exercer aucune pression sur ces collègues.
- Interroge l’administration sur l’usage des résultats dans la remise en cause de la liberté pédagogique et l’attribution de moyens aux équipes éducatives.
NON AUX EVALUATIONS NATIONALES – OUI A LA LIBERTE PEDAGOGIQUE
